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(English version below)

Terre d’accueil historique, la France a scolarisé de nombreux enfants étrangers tout au long du XXe siècle. Pourtant, elle a longtemps tardé à se concevoir comme un pays d’immigration. Les structures éducatives ont peiné à s’adapter à la réalité complexe des migrations et de l’itinérance, échouant partiellement dans leur rôle d’institutions de socialisation. Depuis les années 1970, la prise en charge institutionnelle des familles et des enfants de migrants ou de familles itinérantes a néanmoins progressivement évolué, tout comme la terminologie employée pour les nommer. L’Éducation nationale charge les CASNAV de gérer la scolarisation des enfants et de promouvoir des pratiques pédagogiques « adaptées », signe que les préoccupations de l’institution scolaire sont désormais davantage liées à l’émergence de problématiques relatives aux besoins éducatifs particuliers et à l’inclusion, comme en témoigne la récente restructuration des classes d’accueil en unités pédagogiques pour les « élèves allophones nouvellement arrivés » (EANA) et pour les « enfants de familles itinérantes et de voyageurs » (EFIV).

L’augmentation, ces dernières années, de l’arrivée de familles en demande d’asile et l’accroissement du nombre de mineurs non accompagnés induisent de nouvelles questions, à la fois au sein des institutions éducatives mais également entre différents acteurs institutionnels. Sur le terrain, les tensions sont palpables entre, d’une part, les pouvoirs publics garants des politiques d’accueil et de séjour restrictives et, d’autre part, les acteurs éducatifs, sociaux et associatifs œuvrant en faveur des droits de l’enfant et du droit à la scolarisation. Le défi est de taille pour l’institution scolaire qui intègre toujours chaque année plusieurs dizaines de milliers d’élèves migrants. Son rôle demeure central tant l’École, d’un point de vue social et symbolique, exerce un rôle important dans la participation sociale des migrants et de leurs enfants, en même temps qu’elle met en évidence des dynamiques sociales, spatiales, institutionnelles et politiques dépassant le strict cadre scolaire.

Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la clôture du programme de recherche EVASCOL financé par le Défenseur des Droits et porté par l’INSHEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés) en partenariat avec le LIRTES-UPEC. Il vise, d’une part, à approfondir la connaissance des conditions effectives de scolarisation des élèves migrants ou itinérants dont on sait qu’ils rencontrent des obstacles divers dans leurs trajectoires de scolarisation : les démarches entreprises par les responsables légaux, l’accueil, le circuit administratif, l’accompagnement des familles, le rôle des acteurs institutionnels et associatifs… Quelles sont les pratiques en la matière, notamment au regard des attentes et des expériences des familles et des élèves ? D’autre part, il s’agit d’analyser les apprentissages développés diversement en fonction des profils des individus, des contextes et des pratiques pédagogiques mises en œuvre, variées en raison de l’organisation même des dispositifs et des formations des enseignants. Au vu de de ces paramètres, quels sont les apprentissages des élèves sur les plans langagier et scolaire ? Quelles pistes didactiques et pédagogiques en dégager ? Enfin, un volet porte sur l'intégration des élèves dans leur établissement : l’analyse à la fois de leur ressenti et de la qualité de leur intégration, ainsi que des représentations et des pratiques à leur égard. D’un point de vue qualitatif, quels sont les effets du vécu des élèves sur leur intégration socio-scolaire ?

Les communications relèveront de plusieurs disciplines (droit, histoire, sociologie, sciences du langage, anthropologie, géographie, science politique, sciences de l’éducation, didactique…) et être rédigées en français ou en anglais. Elles s'inscrivent dans les axes thématiques suivants :

·         Les politiques publiques et leurs effets

·         Inclusion des dispositifs et des élèves : pilotage et organisation

·         Approches comparées et regards internationaux sur l’école et la migration

·         Apprendre et enseigner aux EANA et aux EFIV

·         L’accompagnement éducatif et social des enfants et jeunes migrants

·         L’expérience scolaire des élèves

·         Méthodologie d’enquête/arts visuels

 

English version

With its history as a land of refuge, France has welcomed many foreign children to its schools throughout the 20th century. Yet, it has been slow to perceive itself as a country of immigration (Noiriel, 1988) and the question of child migrants was initially conflated with that of abandoned children. Practices used to identify, monitor and protect children and young people have nourished the practices used for dealing with young migrants and itinerants (Armagnague, Cossée, Rigoni, Tersigni, 2016).

Since the 1970s, there has been a gradual change in the way institutions deal with migrant families and their children, as has the terminology used to talk about them (Tersigni, 2014; Mendonça Dias, 2017). In France, the Department of Education tasks the CASNAV with organizing the schooling of children and the promotion of “appropriate” pedagogical methods, focusing on the didactics of French as a second language and an academic language, a framework that has been built up and remodeled over the years and according to specific contexts (Cuq, 1991; Verdelhan-Bourgade, 2002; Vigner, 2009). Nowadays, the major concerns of the educational institution are related more to the emergence of issues to do with specific educational needs and inclusion (Armagnague & Rigoni, 2016), as we can see from the recent restructuring of host classes into educational units for "newly arrived allophone students” (EANA in French) and for “children of itinerant and travelling families" (EFIV in French).

The notion of “itinerancy”, that we find in the label “EFIV”, appeared in a ministerial circular of 2012 and was thereafter taken up by various associations that represent these people and families. However, the actual lifestyle of children coming under the "EFIV" category is more complex, since if the families of some of them do share a more or less itinerant lifestyle, the acronym is also used, euphemistically, to refer to ethnicised categories (Manouche, Gypsy and sometimes Roma families) (Cossée, 2011).

At the same time, the continuing arrival of new migrant populations is contributing to a change in the political paradigm, with a particular focus on the arrival of young children. The impact of regional conflicts and instability on migratory flows is well known (Badie et al., 2008; Simon, 2008). The upheavals caused by political transitions in Eastern European countries and their entry into the European Union (Lièvre 2013; Clavé-Mercier 2014; Cossée, 2015), the Arab revolutions, the Syrian conflict - and more broadly speaking general instability in the Middle East - have considerable consequences in terms of migratory flows. The arrival of asylum-seeking families, the growing number of unaccompanied minors and illiterate migrants have prompted the public authorities to adjust their reception policies. These adjustments notably give rise to tensions between, on the one hand, the government authorities, esp. the ministry of Interior, which apply restrictive asylum and residence policies, and on the other, the educational, social and non-profit stakeholders working to defend children’s rights and the right to education (Rigoni, 2017). This increasing complexity and diversity of migratory movements poses a serious challenge to an educational institution that every year takes in several tens of thousands of migrant students. Its role continues to be central given that the school, as an institution, from the social and symbolic viewpoint, makes an important contribution to the social participation of migrants and their children, while at the same time highlighting social, spatial, institutional and political dynamics that go beyond the framework of the school, in the strict sense.

This conference takes place in the context of closing of the EVASCOL research program financed by the Défenseur des Droits (human rights commissioner) and promoted by INSHEA (French national institute of higher education and research concerning special education needs), in partnership with LIRTES-UPEC (interdisciplinary laboratory of research into the transformations of educational and social practices – University of Paris Est Créteil) and the Sophiapol-University of Paris Nanterre.

The objectives of the conference are plural. It aims to improve scientific understanding of the real conditions of schooling for migrant and itinerant students who, as we know, encounter various obstacles along their educational path (Schiff & Fouquet-Chauprade, 2011; Mendonça Dias, 2016): the steps taken by their legal guardians, reception, administrative formalities, the support offered to families, the role played by institutional and non-profit actors, etc. What are the practices we can observe, notably with respect to the expectations and experiences of the families and the children? This conference also aims to analyse the different learning outcomes as a function of the individuals, the context and the educational practices employed, which vary depending on the very organization of the arrangements set up and the training provided for teachers. In view of these parameters, what are children's real learning outcomes in terms of social, language and academic skills? Lastly, another aspect of the conference looks at the participation of the pupils in their school through an analysis of the way they feel about their school and the quality of their participation, as well as the representations and practices directed to them. What, from a qualitative viewpoint, are the effects of the students' lived experience on their social and academic experience?

Communications may take in several disciplines and several levels of analysis: law, history, sociology, language sciences, anthropology, geography, political science, educational studies, didactics…. and may be written in French or in English. They should deal with the following research themes:

  • Public policies and their effects
  • Inclusion of students: steering and organization
  • Comparative approaches and international perspectives on education and migration
  • The learning content of EANA and EFIV programs 
  • Mediation and social and educational support
  • The students' experience of school
  • Fieldwork methodology / Visual Arts